« Si nous continuons à faire ce que nous avons toujours fait, nous continuerons à obtenir ce que nous avons toujours obtenu ».

 

Cette phrase n’a jamais été aussi vraie qu’en ce moment, alors que la plupart d’entre nous, en Europe et dans le monde, tentent de sortir de l’isolement et de relever le défi du redémarrage de nos économies après le COVID. Redémarrer la vieille machine industrielle à plein régime pour tenter de récupérer toutes les affaires qui ont disparu ces derniers dix-huit mois est une idée séduisante, mais qui risque de nous donner un (faux) sentiment de sécurité, en nous faisant croire que nous allons bientôt récupérer et que tout sera comme avant.

La première phrase contient un sage avertissement : continuer à faire ce que nous faisions ne fera que produire davantage de ce qui était déjà là, préparant le terrain pour une crise encore plus grande : environnementale, sociale et économique.

 

De la reprise à la re-génération

 

En effet, la « reprise » n’est peut-être pas le terme le plus utile pour nous aider à réfléchir à notre avenir. Le terme « rétablissement » implique un retour à un état antérieur, qui était, à bien des égards, malsain et insoutenable. « ‘La reprise’, encore une fois, crée l’illusion que ces derniers mois n’ont été qu’une parenthèse, et que le monde peut revenir, lorsque nous en émergerons enfin, exactement là où nous l’avons laissé.

L’époque nous appelle à faire un choix plus audacieux : un choix qui nous mobilisera pour agir avec sens, pour retrouver la confiance en nous-mêmes et dans les autres, pour exploiter notre énergie et notre créativité afin de construire des économies florissantes qui non seulement protègent les écosystèmes mais les aident aussi à s’épanouir. Un choix qui stimule notre imagination pour réinventer la façon dont nous faisons des affaires, un choix qui peut contempler le fait que les êtres humains font partie de la nature et ne sont pas séparés de la nature : un choix, donc, qui permet à nos économies florissantes d’enrichir les écosystèmes qui nous entourent, plutôt que de les appauvrir.

Ce choix audacieux a un nom : il s’agit de la régénération : de nous-mêmes, de nos équipes et de nos organisations ; il s’agit d’être capable de construire un nouveau monde en tenant compte de la nature, de provoquer la régénération des écosystèmes dans lesquels nous vivons.

 

La nature est le système le plus complexe ; la nature est le système le plus vital.

 

La régénération est l’une des lois qui sous-tendent les processus de vie. Depuis des milliards d’années, la régénération aide la vie à créer les conditions nécessaires pour se reproduire et prospérer, permettant ainsi la richesse et la diversité des écosystèmes qui nous entourent.

Si nous choisissons, collectivement, de saisir l’occasion historique de réinventer la manière dont nous créons et partageons la valeur, échangeons, collaborons et rivalisons, en donnant la priorité à ce qui produit de la richesse et non à ce qui entraîne la dégradation des écosystèmes, alors la nature peut devenir une source d’inspiration pour nous permettre d’opérer les changements nécessaires. En l’observant, nous pouvons apprendre ce qui permet aux écosystèmes d’être si naturellement propices à la vie et transférer ces connaissances aux organisations que nous habitons.

 

Il y a quelques années, dans un autre article, nous avons décrit les 5 principes que nous avons identifiés comme étant au cœur des processus de vie sur Terre et quelques idées sur la façon, concrètement, de les appliquer pour la régénération des écosystèmes sociaux, personnels et organisationnels, contribuant ainsi à la transition vers une économie régénérative.

 

Depuis lors, nous avons testé ces cinq principes auprès des organisations pour lesquelles nous travaillons. Notre travail de consultants, d’animateurs et de facilitateurs, en soutien à de nombreuses organisations, nous a permis de découvrir un sixième principe et de compléter le modèle de régénération individuelle, collective et organisationnelle.

 

Ces articles sont un peu comme notre « calendrier de l’Avent ». Ils paraîtront deux fois par semaine, les mardis et jeudis sur notre blog, le prochain étant le 7 décembre.